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		<title>&#171;&#160;Lettre à une actrice&#160;&#187; fil conducteur du documentaire sur Isabelle Adjani</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 15:43:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruit Blanc</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Daniel Boudier]]></category>

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A voir ! le 5 mai 22h10 sur ARTE, diffusion du documentaire &#171;&#160;Isabelle Adjani &#8211; Deux ou trois choses qu&#8217;on ne sait pas d&#8217;elle&#160;&#187; avec pour fil conducteur la nouvelle &#171;&#160;Lettre à une actrice&#160;&#187; de Daniel Boudier tirée du recueil de nouvelles intitulé &#171;&#160;Marcello&#160;&#187; &#8211; Isabelle Adjani répond à la question « D&#8217;où vient cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="" src="http://static.programme-tv.net/var/p/240x/412/4121774-1.jpg" class="alignleft" width="240" height="185" /><br />
A voir ! le 5 mai 22h10 sur ARTE, diffusion du documentaire &laquo;&nbsp;Isabelle Adjani &#8211; Deux ou trois choses qu&#8217;on ne sait pas d&#8217;elle&nbsp;&raquo; avec pour fil conducteur la nouvelle <a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1155" target=_"blank">&laquo;&nbsp;Lettre à une actrice&nbsp;&raquo; de Daniel Boudier</a> tirée du recueil de nouvelles intitulé <a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1675" target="_blank">&laquo;&nbsp;Marcello&nbsp;&raquo;</a> &#8211; Isabelle Adjani répond à la question « D&#8217;où vient cette lettre lue en guise de fil conducteur ? I. A. : Elle est extraite d&#8217;un recueil de nouvelles écrit par le journaliste Daniel Boudier. En la découvrant, je me suis dit qu&#8217;il y avait là quelque chose de fictionnable. C&#8217;est une déclaration qui m&#8217;est adressée, mais comme elle est lue par un acteur ; Jérémy Kapone, elle devient de la fiction. Elle reflète l&#8217;image que son auteur a de l&#8217;actrice, mais pas forcément l&#8217;actrice. J&#8217;aime bien cette idée. Elle est venue pendant le montage, ça n&#8217;était pas calculé. C&#8217;était une façon d&#8217;introduire un écho de cinéma, comme en relief, par la bande sonore. J&#8217;ai grandi comme actrice avec les films de Truffaut et pour moi la voix-off, c&#8217;est magique. »</p>
<p><a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1675" target="_blank">Tout sur le recueil &laquo;&nbsp;Marcello&nbsp;&raquo; de Daniel Boudier
<p><img src="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2011/12/Essai_21-179x300.jpg" border=0></a></p>
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		<title>Avril ::: événements à venir</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Apr 2013 13:16:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruit Blanc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[- 20/04 &#8211; rencontre/dédicace avec Rodolphe Lasnes auteur de &#171;&#160;¡UBRE!&#160;&#187; (Marly Presse &#8211; Centre Commercial des Grandes Terres, 78160 Marly Le Roi // 10h30 à 18h)
- 21/04 &#8211; présentation Bruit Blanc à la Librairie Monte-en-l&#8217;air (2 rue de la Mare / 71 rue de Ménilmontant &#8211; 75020 Paris &#8211; M° Ménilmontant &#8211; Bus 96 // [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>- 20/04</strong> &#8211; <strong>rencontre/dédicace</strong> avec Rodolphe Lasnes auteur de &laquo;&nbsp;¡UBRE!&nbsp;&raquo; <em>(Marly Presse &#8211; Centre Commercial des Grandes Terres, 78160 Marly Le Roi // 10h30 à 18h)</em><br />
<strong>- 21/04</strong> &#8211; <strong>présentation Bruit Blanc</strong> à la <a href="http://montenlair.wordpress.com/2013/04/07/4986/" target="_blank">Librairie Monte-en-l&#8217;air</a> <em>(2 rue de la Mare / 71 rue de Ménilmontant &#8211; 75020 Paris &#8211; M° Ménilmontant &#8211; Bus 96 // 17h à &#8230;.)</em> : 4 romans et Freak Wave #4 <em>en présence des auteurs</em><br />
<strong>- 27/04</strong> &#8211; <strong>rencontre/dédicace</strong> avec Rodolphe Lasnes auteur de &laquo;&nbsp;¡UBRE!&nbsp;&raquo; <em>(Librairie du Québec &#8211; 30, rue Gay-Lussac, 75005 Paris // à partir de 17h)</em></p>
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		<title>Marie Dubosq &#171;&#160;stigma&#160;&#187;, extrait de la saison 4</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Apr 2013 20:05:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruit Blanc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bruit Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Marie Dubosq]]></category>

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		<description><![CDATA[
« stigma » – στιγμα  &#8211; roman de Marie Dubosq
Sortie le 4 avril 2013
Où l’on embarque avec Sacha en direction de Fez…
« Je suis orpheline. Il ne m’est jamais venu à l’esprit que ce mot me soit un jour attribué. J’en confierais volontiers l’usage à ma voisine de gauche. Cette femme n’est plus toute [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2012/12/9782919402120.jpg"><img src="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2012/12/9782919402120-181x299.jpg" alt="stigma de Marie Dubosq chez Bruit Blanc" title="stigma de Marie Dubosq chez Bruit Blanc" width="181" height="299" class="alignleft size-medium wp-image-1861" /></a></p>
<p><strong><a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1681" target="_blank">« stigma » – στιγμα </a> &#8211; roman de <a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=709" target="_blank">Marie Dubosq</a><br />
<em>Sortie le 4 avril 2013</em></strong></p>
<p><strong>Où l’on embarque avec Sacha en direction de Fez…</strong></p>
<p>« Je suis orpheline. Il ne m’est jamais venu à l’esprit que ce mot me soit un jour attribué. J’en confierais volontiers l’usage à ma voisine de gauche. Cette femme n’est plus toute jeune, peut-être est-elle grand-mère, certainement elle est orpheline. Toutefois, même si cette passagère n’existait que dans mon imagination, ou dans l’un de mes romans, je n’oserais pas lui prêter une telle expression. J’aurais cru qu’il ne s’agissait pas d’une spécificité assez remarquable pour qu’il figurât absolument sur le curriculum vitae d’un individu. Je pensais qu’ « orphelin » était un mot employé rarement, et qu’arrivait un moment où l’on ne le disait plus, qu’on le remplaçait par « Je n’ai plus mes parents », qu’il était soumis à un âge limite. Les orphelines, Cosette bien sûr, Paula aussi, et puis moi maintenant. Il m’apparaît que je deviens orpheline au moment où l’avion amorce quelques longues et turbulentes minutes. Cela commence à sacrément remuer. Entre Paris et Fez, quelques jours après la mort de Sophie, la tristesse afflue. Une hôtesse passe dans l’allée, elle se penche sur nos épaules, elle murmure, suave et rassurante : « Nous nous approchons de Fez et une tempête de sable sévit dans la zone. » Elle ajoute, dans un souffle : « Si nous nous attachons correctement, certainement il ne nous arrivera rien de fâcheux. »</p>
<p>Il ouvre un œil au moment où je tente d’attraper la ceinture coincée sous ses fesses. Il dit « Je nage vite » et se rendort aussitôt. Baiame parle beaucoup dans son sommeil. Tout petit déjà, il vivait ses rêves à voix haute. Je ne sais pas si tous les enfants voyagent autant la nuit, mais à treize ans, mon fils a dû faire au moins deux fois et demie le tour de la planète. Une fois, nous campions sur l’île, il devait avoir huit ans. A cette époque, il pratiquait le football, et ce sport était devenu une véritable obsession. Sous la tente, je bouquinais, coincée entre la toile et lui, il dormait. Il a dit : « Passe. » C’est tout. Son ton était calme, posé, presque un ton d’adulte. Il aurait pu dire «Mathématiques» ou «Ornithorynque», il n’aurait pas semblé plus tranquille. Il a répété quelques secondes après « Passe », et puis à nouveau, plusieurs fois. Au bout d’un certain nombre de « Passe », il a conclu par un « Oui, but. » serein, appliqué.</p>
<p>Baiame, je sais que ton prénom est lourd de signification, à tel point que je me suis demandé, parfois, si ton père et moi avions eu raison de te donner le nom de ce dieu aborigène, aussi obscur et méconnu soit-il. Baiame est quand même celui qui a crée le monde après l’avoir rêvé. Alors, peut-être était-ce un peu gonflé de notre part.</p>
<p>Je constate qu’effectivement l’hôtesse ne nous a pas menti, l’avion est secoué, gros tumulte. Le sable va s’infiltrer partout dans la maison de ma mère, pendant des jours par nos lèvres, il va entrer, nous allons le sentir dans nos chaussures, dans nos cheveux, il va se poser sur nos peaux et nous paraîtrons plus vieux. Dans la maison de ma mère… Je n’ai encore aucune idée de la façon dont je regarderai les gens, et s’il y aura des gens. Verront-ils à quel point je suis orpheline ? Baiame, à côté, et je ne sais pas s’il m’est permis de pleurer devant lui. Pourtant cela m’est déjà arrivé, mais je sens que si je pleure maintenant, mes larmes seront différentes.</p>
<p>Sophie, en arrivant au shack à Granville Harbour, quand elle a regardé les affaires de mon père alors qu’il était mort depuis plusieurs mois, j’ai vu la vague déferler sur elle, une peine immense qu’elle ne pouvait refouler, qui montait d’un endroit dont elle-même ne connaissait pas l’existence. Un chagrin auquel personne ne pouvait rien, elle était tout à coup si émue et si désemparée. J’étais bouleversée et un peu effrayée. Anton lui a dit de laisser libre cours à sa tristesse, qu’elle était la bienvenue même, et de ne pas s’occuper de nous. Sa mère était morte quelques années auparavant, et il avait tant d’empathie. Afin de laisser Sophie un peu seule, il m’a emmenée marcher sur les rochers.</p>
<p>Il doit y avoir une personne phobique pas loin derrière nous, elle a très peur maintenant. Quelque chose, un sentiment me recouvre. J’aimerais que cela soit juste le sable, qu’il passe par moi et qu’il m’entoure, puis qu’il disparaisse par un trou d’air. Je ne peux plus me retenir, je tourne mon visage vers le hublot, je sens une main qui me caresse les cheveux, la voix de Baiame qui dit :</p>
<p>« Pauvre petite maman. »</p>
<p>Nous nous sommes posés tant bien que mal, après avoir tournoyé longtemps au dessus de l’aéroport. Je ne sais pas ce qui a décidé le pilote à finalement descendre vers la piste, une accalmie, je ne crois pas, peut-être le manque de kérosène.</p>
<p>Ce n’est pas mon anniversaire aujourd’hui, alors je ne m’attends pas à les voir tous, je ne sais même pas si l’un d’eux sera là, derrière les vitres, à nous attendre mon fils et moi. Lequel ai-je envie de voir ? Quels bras pour me serrer, quel sourire pour me redonner le mien ? Quelle voix va dire « Merde Baiame, qu’est-ce que tu as grandi ! » ?</p>
<p>« Hey ! Salut beauté ! »</p>
<p>C’est Paula. Nous ne l’avions pas vue, probablement encore remués par la danse syncopée dans le ciel pendant deux heures, et puis, au milieu de la foule qui patiente, elle n’est vraiment pas grande. Elle se pend au bras de mon fils, il la dépasse déjà d’une bonne tête.</p>
<p>Il est si sincère ton sourire Paula, je sais à quel point tu es heureuse de nous voir, et rassurée aussi. Depuis un peu plus d’un an nous venons, les uns et les autres, nous nous croisons, il est arrivé parfois que certains se retrouvent ensemble, ici. Nous avons veillé sur Sophie, conscients qu’il arriverait un jour où sa disparition tomberait sur l’un d’entre nous, et c’est toi que le sort a choisi.</p>
<p>Paula voit tout de suite que je suis bouleversée, elle sait que ce n’est pas seulement à cause de la tempête qui s’est levée et qui pousse les grandes portes vitrées. Nous hésitons à sortir du hall de l’aéroport. Elle parle beaucoup, elle interroge Baiame, le taquine, elle me dit qu’Anton, Stepan et Josh arrivent demain matin. Oumar est à la maison, il est comme un enfant, démuni. Son chagrin est immense.</p>
<p>La voiture est garée sur le parking, et le parking est balayé par le vent. Nous sentons que lorsqu’il sera tombé, la chaleur et la moiteur seront accablantes.</p>
<p>« Ça a commencé par une tempête de sable extraordinaire, tu aurais vu ça… Tout est devenu très sombre, le ciel s’est chargé de nuages gris, il y a eu un silence de mort, partout dans les rues, sur les marchés. » Les mots de Sophie, elle parle de commencement, de silence et de mort.</p>
<p>Et quand tout est fini, maman, est-ce que c’est le silence encore ? »</p>
<p>(…)</p>
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		<title>Marie Dubosq &#171;&#160;stigma&#160;&#187;, extrait de la saison 3</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Mar 2013 11:47:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruit Blanc</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Marie Dubosq]]></category>

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« stigma » – στιγμα  &#8211; roman de Marie Dubosq
Sortie le 4 avril 2013
Sacha rentre chez elle…
« En permanence, je perds mes clefs. J’ai beau réduire la taille de mes sacs, je passe toujours trois bonnes minutes à farfouiller à l’intérieur, quand je ne finis pas par le vider sur le sol devant ma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2012/12/9782919402120.jpg"><img src="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2012/12/9782919402120-181x299.jpg" alt="stigma de Marie Dubosq chez Bruit Blanc" title="stigma de Marie Dubosq chez Bruit Blanc" width="181" height="299" class="alignleft size-medium wp-image-1861" /></a></p>
<p><strong><a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1681" target="_blank">« stigma » – στιγμα </a> &#8211; roman de <a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=709" target="_blank">Marie Dubosq</a><br />
<em>Sortie le 4 avril 2013</em></strong></p>
<p><em><strong>Sacha rentre chez elle…</strong></em></p>
<p>« En permanence, je perds mes clefs. J’ai beau réduire la taille de mes sacs, je passe toujours trois bonnes minutes à farfouiller à l’intérieur, quand je ne finis pas par le vider sur le sol devant ma porte. En général la minuterie s’éteint sur le palier au moment où je rassemble mes affaires. Au début cela m’énervait, et puis j’en ai pris mon parti. J’accepte d’être bordélique et d’avoir d’autres travers aussi.</p>
<p>J’habite à Paris depuis longtemps, je me demande souvent si je suis devenue comme ça à cause de cette ville, ou si je l’étais déjà. Je ne me souviens pas. Je crois que Paris est si petite et si dense qu’elle autorise beaucoup de choses. Oublier d’acheter des cigarettes, ne pas penser à la distance entre les quartiers, entre les appartements, ce n’est pas grave. Je me suis découverte une passion pour la désorganisation. Je l’encourage même. Je trouve toujours ce que je cherche ici, même si je dois emprunter des chemins tortueux, car il y a peu de logique dans mes déplacements. Il m’arrive de croiser des types que je recroise un an plus tard, je retrouve des lieux par hasard, je me perds dans le treizième arrondissement, et mon appartement est minuscule, mais une fois de plus, ce n’est pas grave. Je puise les motifs de mes satisfactions ailleurs que dans la taille de mes appartements ou dans celle de mes sacs.</p>
<p>Et puis à Paris mon imagination galope, increvable, elle se déploie comme une nappe de salle des fêtes. Grâce à ses rues exigües, à la fenêtre de mon salon qui s’ouvre sur les toits et le ciel. Mes yeux plongent, il y a des passants, quelques rares voitures, des immeubles en face et des fenêtres ouvertes. Dans ma maison du continent, un jardin certes, mais le silence qui perturbait parfois la vie.</p>
<p>Une fois, il n’y a pas très longtemps j’ai travaillé avec une femme, une américaine, elle venait du Texas et habitait Paris depuis deux ans. Elle me disait être certaine qu’elle ne s’adapterait jamais à cette ville. Elle complexait, se sentait trop grande, trop grosse, trop visible. Je l’aidais à traduire des papiers juridiques, elle était en pleine procédure de divorce. Nous rédigions ensemble ses réponses, son argumentaire. Son mari français était très malin et ne lâchait rien. Comme elle ne parlait pas la langue, elle était perdue, au début. Nous nous voyions presque chaque jour, soit dans un café, soit chez moi. Elle habitait à l’hôtel, c’était temporaire, et à l’image de nombreux américains qui ont beaucoup d’argent, elle avait choisi un palace. Elle était très riche Catherine, elle avait hérité. Elle s’était mariée avec un ingénieur français à la mairie du troisième arrondissement, et puis ils étaient partis à Houston. Elle avait tant et tant insisté qu’au bout d’un an, ils étaient venus vivre à Paris.</p>
<p>Catherine avait mon âge, trente-cinq ans, et elle avait pensé qu’avec son argent et sa jeunesse, elle pourrait s’enrichir encore, mais culturellement cette fois, car elle aimait la littérature française, le théâtre, le cinéma français. Très vite elle avait déchanté, elle ne rencontrait que des compatriotes, ne se sentait pas à l’aise avec la famille et les amis de son mari.</p>
<p>C’est vrai, mon américaine est une caricature, elle aime le luxe, enfin elle croit l’aimer, elle n’a jamais connu que ça, les grosses voitures, les bijoux, les robes haute-couture. Et à Paris, surtout si l’on y habite, il faut savoir prendre le métro. Elle s’est mise à déprimer dans sa maison, elle a grossi. Elle est devenue une étrangère aux yeux de son mari, aussi. Il n’est pas simple de vivre ici quand on n’est pas parisienne, c’est déjà compliqué quand on l’est.</p>
<p>Je l’ai rencontrée alors que j’étais en plein déménagement. Je quittais la rue Lécuyer, pas très loin de la place Jules Joffrin. J’étais en vrac, j’avais beaucoup bossé, avant, pendant, et après des nuits improvisées. Je faisais la fête, embarquée sur des mers de vin et de champagne, je cumulais les emplois. En six mois, j’ai rendu vingt-deux traductions, j’ai écrit un guide en anglais sur les restaurants bon marché, je suis intervenue sept fois dans des agences de demandeurs d’emplois, j’ai dépanné de quelques cours de français le fils d’une ancienne voisine, j’ai dû me concentrer sur la relation auteur-éditeur-amants que j’entretenais, à tort, avec Jean-Franck, et puis, j’étais en passe de terminer l’écriture de mon dernier roman. Avec aucune certitude concernant sa publication.</p>
<p>C’est le lit de Jean-Franck que je fuyais d’ailleurs ce matin là, l’hiver ne voulait pas en finir, je portais mon sac de sport rempli de fringues, mes talons-aiguilles alors qu’il avait étonnement neigé toute la nuit, mes cernes et mon mal de crâne. Sur la butte, un café, avant de m’engouffrer dans le métro. Catherine assise au bar devant un crème, elle était habillée d’un manteau de fourrure jaune qui se confondait avec la blondeur de ses cheveux. Elle m’a regardée entrer, elle a aussitôt cru reconnaitre en moi la sœur un peu triste, perdue, et dans une certaine mesure, aussi décalée qu’elle. Je parlais sa langue.</p>
<p>C’était il y a neuf ou dix mois, c’est à peu près la durée des cycles que je traverse, neuf mois. Paula était arrivée une semaine avant que je décide d’envoyer se faire foutre Jean-Franck, de bazarder l’autre vie que la mienne, celle qui me ressemblait le moins. Une chance, j’ai pu m’installer chez elle, me changer les idées, nettoyer un peu, arrêter de boire.</p>
<p>Paula habite un appartement mal fichu près du métro de la Chapelle, mais sa frénésie festive, désespérée, m’a impressionnée à un tel point que mes instincts autodestructeurs se sont calmés.</p>
<p>J’ai commencé un roman, j’ai trouvé un deux-pièces dans le onzième, j’ai acheté un matelas et une machine à laver le linge, j’écris sur un nouvel ordinateur.</p>
<p>Je balance mon sac sur le canapé, les clefs sur l’étagère à côté de mon téléphone portable. Cela va faire quarante-huit heures qu’il est éteint. Je me demande si le mail de ce matin vaut la peine que je le rallume. Jean-Franck et sa promesse d’avaloir, trois mille euros. Il lui faut une réponse, vite. Il reste froid, distant, cela m’amuse. J’ai envie de le lire à Paula. C’est quand même bizarre, juste au moment où je suis complètement à sec, ce type est un devin. Je ne savais pas trop sur le moment ce que je devais faire. Ce matin, j’ai failli répondre au message, tout de suite, lui dire oui, OK, cinq mille euros et je marche.</p>
<p>Et puis, et puis, et puis…</p>
<p>Merde, j’ai trente-cinq ans, je me débrouille. Ces dernières années, tout ne va pas si mal, il y a même eu un temps où je gagnais pas mal d’argent. Cela n’a pas changé grand-chose, alors quand j’en gagne moins, ce n’est pas dramatique. Le principal est que je me concentre sur ce que je suis. Ma relation avec Jean-Franck est une erreur, dommage, c’est un bon éditeur, il est intelligent, nous nous entendons plutôt bien. Il est aussi celui qui s’est démené pour moi, pour mes livres, j’aime sa démarche, artisanale, un travail de besogneux. Il a des convictions. Je n’aurais pas dû coucher avec lui. Depuis le début, je savais que cela ne menait à rien. J’ai toujours eu du mal à stopper ce genre d’histoire, car enfin, c’est facile aussi de se laisser emmener et d’aimer croire que ça pourrait marcher. Heureusement que Paula était là. »</p>
<p><em>(…)</em></p>
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		<title>Marie Dubosq &#171;&#160;stigma&#160;&#187;, extrait de la saison 2</title>
		<link>http://www.bruitblanc.fr/?p=1827</link>
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		<pubDate>Wed, 06 Mar 2013 13:36:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruit Blanc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bruit Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Marie Dubosq]]></category>

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		<description><![CDATA[
« stigma » – στιγμα  &#8211; roman de Marie Dubosq
Sortie Avril 2013
Voici un extrait de la deuxième partie du roman où l’on assiste au retour de SACHA dans sa maison du continent…
« Je pars tout à l’heure, je quitte l’île. Mon sac est presque prêt. Comme chaque année, il est moins lourd qu’à l’arrivée. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2012/12/9782919402120.jpg"><img src="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2012/12/9782919402120-181x299.jpg" alt="stigma de Marie Dubosq chez Bruit Blanc" title="stigma de Marie Dubosq chez Bruit Blanc" width="181" height="299" class="alignleft size-medium wp-image-1861" /></a></p>
<p><strong><a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1681" target="_blank">« stigma » – στιγμα </a> &#8211; roman de <a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=709" target="_blank">Marie Dubosq</a><br />
<em>Sortie Avril 2013</em></strong></p>
<p><b>Voici un extrait de la deuxième partie du roman où l’on assiste au retour de SACHA dans sa maison du continent…</b></p>
<p>« Je pars tout à l’heure, je quitte l’île. Mon sac est presque prêt. Comme chaque année, il est moins lourd qu’à l’arrivée. J’ai laissé à Sirius les quelques livres ramenés du continent, ceux que j’ai lus pendant l’été. Il y en avait beaucoup cette fois-ci, plus que par les années passées. J’ai remplacé mon habitude d’aller courir sur Hunter Street le matin, de m’accroupir au bord de l’eau et de ne rien faire d’autre, de me promener au hasard des rues, de discuter avec les commerçants. A la place, je suis allée chaque jour m’asseoir ou m’allonger sur l’herbe à Saint Davids Park, et j’ai lu. Parfois j’y suis restée jusqu’au soir.</p>
<p>Je comprends Sirius qui habite sur son île depuis si longtemps, qui chaque jour salue les mêmes personnes, emprunte les mêmes chemins, se rend dans les mêmes magasins. Sirius à qui il suffit de varier d’un pouce une toute petite trajectoire pour  transformer son espace. Il ne se lasse pas, il explore.</p>
<p>Mon avion est à midi. Je rentre chez moi. J’aurai le temps pendant le mois qui vient d’aménager la chambre pour Mortù, je prendrai soin aussi de faire plaisir à Stepan, je l’aiderai à organiser son festival. J’ai aussi tout un tas de papiers à réunir, des dossiers à compléter, et je veux profiter de la fin de l’été.</p>
<p>J’aime rentrer à la maison en marchant depuis le centre de la ville. J’arrive dans mon quartier, aux abords de ma rue, avec au bout la voie ferrée qui rompt avec le schéma des artères et des avenues de la ville. La plupart sont droites et interminables, et il faut être initié pour les différencier les unes des autres. Et puis, après la longue marche, après être passée devant des dizaines de maisons aux volets ajourés, bordées par de fines et basses barrières, je franchis le portillon du numéro 28 de Knowles Street. D’emblée je goûte ce moment, retrouver la maison et percevoir de la rue qu’elle est vivante et occupée. La maison.</p>
<p>Avec quel plaisir j’entre, tout de suite happée par le couloir et attirée vers la pièce du fond dont la porte-fenêtre est ouverte elle aussi. Je traverse et je sors dans le jardin.</p>
<p>Les travaux ont bien avancé, Stepan est resté tout l’été. Il a passé des oraux de rattrapage à l’université, avec succès, et s’est consacré à la construction du shack où doit se tenir le festival. C’est confondant… Je me croirais à Granville ou quelque part sur l’une des côtes de l’île. Il y a le reflet de la tôle ondulée, le toit pentu, les fenêtres rectangulaires sur trois côtés.</p>
<p>Il est tout seul à l’intérieur, les autres sont peut-être à la plage. Je sais que Paula occupe son été avec un jeune type qu’elle a rencontré en cours l’année dernière.</p>
<p>Je regarde Stepan, il ne m’a pas vue. Il est penché sur le bar en bois, il ajuste des tasseaux, nu comme un vers. Sur sa cuisse, la tâche de naissance s’estompe je crois. Peut-être est-ce parce qu’il vieillit. Quand il avait dix ou douze ans, la peau était plus rose, plus fripée, tout du moins, c’est ce qu’il m’a dit. Elle n’a jamais pris le soleil comme le reste de son corps. Je me souviens, la première fois que j’ai vu cette marque, la surprise a dû se lire sur mon visage, Stepan a été vexé. J’ai passé mes doigts sur sa cuisse, j’ai lu le paysage qu’elle dessinait, j’ai senti la différence de texture, aucun poil, je lui ai dit que je la trouvais belle mais qu’il était incroyable que jusqu’à aujourd’hui je ne l’ai jamais remarquée. Cela fait maintenant seize ans que nous nous connaissons, je venais juste de fêter mes dix-huit ans quand il me l’a montrée pour la première fois.</p>
<p>Il faut vraiment qu’il se croit seul pour bricoler ainsi, tout nu, pour laisser voir le jour à sa cuisse qu’il a toujours soigneusement camouflée en portant des pantalons, des bermudas, jamais de short, même pour aller se baigner.</p>
<p>Stepan est de plus en plus beau.  Il se dégage de lui une assurance telle, une confiance absolue en lui-même, que quiconque l’approche se sent immédiatement séduit par lui. Il est doué de certains talents, c’est vrai, il est toujours champion du monde de skateboard. C’est un bel orateur aussi, la voix grave, le regard sombre, il manie très bien les mots, il est convainquant, toujours. Il a à sa botte tout un tas de jeunes filles à peine majeures et amoureuses, qui se livrent des batailles sans merci pour passer un moment avec lui, pour obtenir de lui un sourire, un mot gentil. Il a rendu folle une prof de théâtre cette année, on dit qu’elle a quitté mari et enfants, qu’elle est devenue dépressive. On le dit.</p>
<p>Je suis partie il y a un mois, il n’est pas retourné sur l’île cette année. Il travaille d’arrache-pied, avec une pugnacité qui le rend encore plus attirant. Je suis certaine que le festival qu’il a imaginé sera une totale réussite, il parviendra à créer un événement dont se rappelleront longtemps les acteurs, les spectateurs, tous ceux qu’il a entraînés avec lui dans cette aventure. Il est ainsi, il ne peut faire les choses seul, il a besoin de donner un sens collectif à ce qu’il entreprend.</p>
<p>Stepan, quelque chose se produit, tu tournes la tête et tu me vois. Tu as le même sourire qu’il y a seize ans. Sauf qu’aujourd’hui, j’y vois le désir, immédiat, incontestable. Je suis toujours un peu gênée par ton regard souverain, je prends dans ma poche mon paquet de cigarettes, je cherche le briquet, je fume.</p>
<p>« Il y a une lettre pour toi, sur la table. » me dis-tu. »</p>
<p><em>(…)</em></p>
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		<title>Marie Dubosq &#171;&#160;stigma&#160;&#187;, extrait de la saison 1</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Feb 2013 20:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruit Blanc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bruit Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Marie Dubosq]]></category>

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		<description><![CDATA[
« stigma » – στιγμα  &#8211; roman de Marie Dubosq
Sortie Avril 2013
Extrait de la saisons 1 dans laquelle nous faisons connaissance avec SACHA, la narratrice qui s’apprête à fêter ses dix ans.. C’est l’incipit du roman, le tout début de la première saison de l’histoire…
« J’ai souvent le sentiment d’avoir déjà vécu cent vies, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2012/12/9782919402120.jpg"><img src="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2012/12/9782919402120-181x299.jpg" alt="stigma de Marie Dubosq chez Bruit Blanc" title="stigma de Marie Dubosq chez Bruit Blanc" width="181" height="299" class="alignleft size-medium wp-image-1861" /></a></p>
<p><strong><a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1681" target="_blank">« stigma » – στιγμα </a> &#8211; roman de <a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=709" target="_blank">Marie Dubosq</a><br />
<em>Sortie Avril 2013</em></strong></p>
<p><strong>Extrait de la saisons 1 dans laquelle nous faisons connaissance avec SACHA, la narratrice qui s’apprête à fêter ses dix ans.. C’est l’incipit du roman, le tout début de la première saison de l’histoire…</strong></p>
<p>« J’ai souvent le sentiment d’avoir déjà vécu cent vies, pardon, d’avoir déjà vécu cent ans. Ce n’est pas seulement à cause des dizaines d’histoires que je me raconte, je le sais, mais il me semble que des pensées et des sensations différentes surviennent régulièrement.</p>
<p>Je regarde ma mère ce matin alors qu’elle fume. Il faut avouer que je la regarde souvent à ce moment-là, intentionnellement ou non, car quand elle parle ou qu’elle écoute, en général, elle fume. Une fois sa cigarette allumée, elle inhale toujours profondément, avec un air de contentement, comme si elle découvrait pour la première fois un nouveau goût. La fumée s’échappe ensuite, après plusieurs secondes. Je connais bien cette odeur et ce nuage, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours vu ma mère fumer. Je trouve d’ailleurs que cela lui va bien. Elle dit parfois : « Il faut que j’arrête. » et aussi « Impossible de me concentrer sur quoi que ce soit sans cette fichue clope.</p>
<p>Ce matin, Sophie, ma mère donc, réfléchit à la meilleure façon de cuisiner le saumon pêché par mon oncle.</p>
<p>En croûte de sel ?</p>
<p>En pavés ?</p>
<p>En papillotes ?</p>
<p>Enfourné entier avec juste quelques oignons ?</p>
<p>Alors ? Cela m’irait-il « enfourné entier avec juste quelques oignons » ? Et si je pouvais lui répondre, cela serait bien.</p>
<p>Mais je n’entends pas tout de suite ce qu’elle me demande, je regarde la fumée s’échapper et hume les effluves, impressionnée par la somme de souvenirs que ce petit nuage évanescent suscite dans mon esprit. Je mets de côté la fois où, pris d’une quinte de toux, mon oncle m’a craché la fumée en pleine figure. Les centaines de matins où, debout et le dos appuyé à la machine à laver, ma mère fume. L’attente dans les files de cinéma, sur le trottoir de l’épicerie où je me trouve à proximité de quelques fumeurs, et les émanations palpables, une frontière infranchissable et une familiarité rassurante. J’écarte les nuits où, dans la voiture, je m’endors, le corps encastré à l’arrière, avec le son assourdi de la musique qui me berce, alors que descend jusqu’à moi l’odeur particulière de la cigarette.</p>
<p>Au contraire, aujourd’hui, je suis saisie par une drôle de sensation, peut-être est-elle apparentée à l’impression de manque que le fait de ne plus fumer occasionne. Je crois ressentir les élans de ma mère et ses velléités pour arrêter. Pourtant, je n’ai jamais fumé, jamais allumé de cigarette en cachette, à peine me souvenais-je du jeu quand nous faisions semblants d’être des grands. Nous nous lancions alors dans des discussions impossibles, des discussions d’adultes.</p>
<p>Je ne peux pas quitter des yeux le paquet que ma mère a lâché sur la table, ni sa main gauche. J’ai l’impression que mon corps se soulève, que mon cerveau devient hermétique. Ma peau est parcourue d’un frisson incompréhensible, et pendant une minute ou deux, mes sens sont aspirés par cet étonnant désir : l’envie de fumer.</p>
<p>Aussi, je me lève pour me servir un grand verre d’eau que j’avale d’un trait. Je gratte mon épaule gauche, près de la clavicule, j’inspire longtemps, et je finis par répondre :</p>
<p>« Comme tu voudras Sophie, fais ce qui est le plus simple pour toi. »</p>
<p>Je me dis que dans une de mes vies peut-être, ou dans un autre âge, j’ai moi-même été dépendante de la cigarette. Mais assez vite, le manque et l’envie s’estompent. Heureusement.</p>
<p>La matinée est belle, légère, je me promène le long des docks, près des grandes bâtisses qui servaient autrefois d’entrepôts pour les marchandises acheminées depuis le continent. Je pense, je suis si jeune, et j’ai pourtant connu les travaux de réhabilitation, j’ai vu les engins qui détruisaient les briques, les charpentes, faisaient s’effondrer les toits, j’ai joué dans les gravats, j’ai amassé des tonnes de trésors dénichés entre les pierres et le béton. C’est vrai que les choses changent vite. Maintenant, il y a ce grand magasin d’articles de pêche, le fish and chips, le pub sur deux étages, et les terrasses si bien agencées, les pots en terre cuite aux quatre coins qui délimitent l’espace, l’odeur du poisson grillé. J’ai envie de manger des abalones. Mais j’adore aussi les huîtres grosses et grasses d’ici.</p>
<p>Aujourd’hui c’est mon anniversaire, je n’ai rien de particulier à faire, je peux vaquer à mes occupations de petite fille, retrouver mes amis, courir sur la place, manger des bonbons. Mon oncle Josh et ma mère ont promis de s’occuper de tout, j’ai pour seule consigne de ne pas mettre un pied à la maison avant six heures ce soir.</p>
<p>Est-ce qu’Anton va être au rendez-vous ? J’en doute. Depuis le début de l’été, il semble occupé à suivre depuis le lever du jour jusqu’à la nuit tombante la créature qui les a accompagnés en vacances, lui et sa famille. Dans la maison d’Anton, dans la chambre juste à côté de la sienne, pendant près d’un mois, elle sera là. C’est une copine de sa sœur, une grande plante avec des lianes sur la tête, des gros seins, des chaussures à talons, des jupes courtes et des jambes bronzées. Je la trouve particulièrement idiote. Anton aussi, il me le répète assez, mais il dit que c’est là précisément sa chance. Lui, douze ans, elle seize, mâchouillant en permanence quelque chose que je soupçonne être des morceaux de sa cervelle, des cheveux qui pleurent, un regard inexpressif, des chevilles atroces, des ongles de pieds peints en orange, n’importe quoi, une lourdeur dans sa démarche qui semble venir depuis son cou, passer par sa poitrine, et qui s’appesantit sur ses fesses. Elle et la sœur d’Anton passent leurs journées à faire le pied de grue sur Salamanca, parce que c’est par là que passe la majorité des surfers qui se rendent à Bruny. Elles guettent, ridicules, les voitures que conduisent les beaux gosses à peine majeurs, blonds et athlétiques. En une semaine, elles ont tenté des approches plus ou moins couronnées de succès. Mais Anton veille au grain. D’ailleurs, elles n’en peuvent plus de lui, de le voir traîner autour d’elles. Il gâche leurs tentatives, alterne le rôle de petit frère pot-de-colle avec celui de conseiller matrimonial. Il n’hésite pas à se transformer en indécrottable débile s’il le faut. Il y a trois jours, il s’est même jeté à l’eau dans le port. Il a hurlé comme un demeuré au moment où les deux copines s’apprêtaient à grimper dans une Mitshubishi  blanche très vieille et très classe.</p>
<p>« Bon anniversaire, la Française. »</p>
<p>Anton, tu m’as fait peur, je ne pensais pas que tu serais là aujourd’hui. Anton, merde. Elles t’ont semé, n’est-ce pas ?</p>
<p>Tu hausses les épaules, je ne saurai sans doute jamais, mais tes yeux semblent heureux de croiser les miens aujourd’hui. On va bien rigoler.</p>
<p>« Veux-tu que je te pousse à l’eau, veux-tu que nous courions si loin qu’il faudra nager quand il n’y aura plus de terre ? »</p>
<p>Nous sommes accroupis, au bout de Hunter Street, je pense que je suis capable de le battre à la course, mais que je serai sans doute la première à tomber à l’eau. Je pense que son sourire est un beau cadeau d’anniversaire.</p>
<p>Dans le hall de l’hôtel, Magda, la mère de Sirius, a la tête penchée sur le gros registre ouvert sur le comptoir. La radio allumée, musique classique comme toujours, atteint un niveau sonore qui nous déconcerte. Je renifle l’odeur immuable du parfum que distille mystérieusement un gros appareil placé dans un coin de la pièce. C’est une machine inesthétique, bruyante aussi, qu’elle nourrit religieusement deux fois par jour. Partout dans le hall, cela sent un mélange d’iode et de café.</p>
<p>Magda met un point d’honneur à donner aux séjours de ses clients un cachet inoubliable, et le mobilier, pour le coup improbable, doit contribuer à satisfaire ses ambitions. Les fausses fleurs dans les vrais vases posés sur des guéridons alambiqués, l’imposant aquarium sans poissons mais en tous points équipé, les trois fauteuils habillés d’hallucinants tissus, la moquette au sol, et elle enfin, Magda, pimpante, tirée à quatre épingles, composent un stupéfiant tableau. Je suis pourtant habituée à cette pièce, et bien que déboulant comme deux missiles, nous nous arrêtons nets, Anton et moi, abasourdis par la musique qui remplit le peu d’espace libre. Magda lève les yeux, un sourire d’ange déjà tout prêt à nous servir, mais se ravise en voyant que ce n’est que nous. Nous croyons lire sur ses lèvres un vague « Bonjour Sacha, salut Anton » puis, elle pointe un doigt vers le plafond.</p>
<p>Nous levons aussitôt nos têtes. Magda a arrêté la musique, nous sursautons à cause du silence soudain, même le bruit infernal de la machine à odeurs nous paraît sage.</p>
<p>Et puis, il y a comme un train qui passe au-dessus, un roulement qui vient de la gauche, distinctement, qui traverse l’intégralité du hall pour s’arrêter dans un fracas de tous les diables, à droite, dans le mur.</p>
<p>« Va lui dire d’arrêter, s’il te plaît Sacha ! Montez tous les deux, faites ce que vous voulez, mais qu’il arrête ça ! »</p>
<p>Lorsque Magda parle, chacun de ses mots est agrandi par ses yeux qu’elle ouvre toujours plus, le maximum étant quand elle dit « arrêter », car les « r » roulent sur eux-mêmes et semblent tirer sur ses paupières. Elle est d’origine russe, elle a un accent incroyable. Elle a coutume de s’adresser à moi en français, et je ne sais pas si c’est à cause de mon prénom, qui doit forcément lui rappeler son pays, mais elle me témoigne toujours une affection particulière. En tout cas, ses « Sacha » lancés à tout va m’impressionnent beaucoup, à cause des « a » sans doute, graves, pleins, et de sa connaissance du français, ma langue, que je ne suis pas habituée à entendre ici.</p>
<p>« Vous pouvez prendre la 101 ! » ajoute t- elle avant de se pencher et de remettre la musique.</p>
<p>Nous grimpons quatre à quatre les escaliers, et à peine arrivés sur le palier du premier étage, nous manquons de nous faire écraser par la locomotive Sirius. Il sillonne à toute allure l’intégralité du long couloir parqueté, perché sur sa planche de skate. Il fait ça quand les chambres du premier sont inoccupées. Il roule, il peaufine son style, se ramasse, recommence, du matin au soir, sans que sa mère n’y puisse quoi que ce soit. Malgré tout, elle préfère le boucan infernal qu’il fait, plutôt que de le savoir dehors à traîner, ou pire, à fricoter avec une fille.</p>
<p>Il passe devant nous, un vaisseau.</p>
<p>« Barrez-vous attention merde barrez-vous ! »</p>
<p>Anton et moi sommes en équilibre sur la première marche, Sirius vient par la gauche, vraiment vite.</p>
<p>Tu vas tomber, Sirius. Dans une seconde tes voiles se plantent. On dirait qu’Anton et moi, on t’a déconcentré.</p>
<p>« Ta mère nous a dit la 101, comme d’habitude ! » Anton crie.</p>
<p>Je suis la première assise, au bout du lit, Anton est déjà à la fenêtre qu’il a ouverte grande parce que la 101 n’est pas souvent aérée, et qu’on peut quand même y voir le ciel. C’est la première chambre, au bout du couloir, rarement occupée ou en dernier recours, au moment du festival de musique classique par exemple. Sirius fait un dernier tour de skate. Paula viendra peut-être, on verra, à tous les coups son père l’aura déposée en ville. »</p>
<p><em>(…)</em></p>
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		<title>Gagnez 10 romans &#171;&#160;Chansons Douces&#160;&#187; !</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Feb 2013 14:10:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruit Blanc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sandrine Villers]]></category>

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		<description><![CDATA[Bruit Blanc vous permet de gagner l'un des 10 exemplaires du romans "Chansons Douces" de Sandrine Villers à l'occasion de la Saint-Valentin en partenariat avec Babelio.com]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.babelio.com/concours-bruitblanc" border=0><img src="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/themes/grid_focus_public/images/guide/concours-bruitblanc.jpg"></a></p>
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<p><a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1150" target="_blank">Consultez la page dédiée à Sandrine Villers</a><br />
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<a href="http://www.bruitblanc.fr/extraits/Bruit%20Blanc%20-%20Sandrine%20Villers%20-%20Chansons%20Douces%20extrait.pdf" target="_blank">Lisez l&#8217;extrait offert du roman &laquo;&nbsp;Chansons Douces&nbsp;&raquo;</a></p>
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		<title>Bruit Blanc en Avril&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Feb 2013 15:14:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruit Blanc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bruit Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Legrand]]></category>
		<category><![CDATA[Freak Wave]]></category>
		<category><![CDATA[Marie Dubosq]]></category>
		<category><![CDATA[Perrine Le Querrec]]></category>
		<category><![CDATA[Rodolphe Lasnes]]></category>

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		<description><![CDATA[Bruit Blanc publie 4 romans et le quatrième numéro de Freak Wave :
- &#171;&#160;Jeanne L’Étang&#160;&#187; de Perrine Le Querrec (roman) 
- &#171;&#160;Le sang du goanna&#160;&#187; de Dominique Legrand (roman) // Thriller planétaire.
- &#171;&#160;Stigma&#160;&#187; de Marie Dubosq (roman) // La saga&#8230;
- &#171;&#160;¡ Ubre !&#160;&#187; de Rodolphe Lasnes (roman) // Le réalisme magique des latino-américains
- Freak Wave [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bruit Blanc publie 4 romans et le quatrième numéro de Freak Wave :</p>
<p>- <a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1673" target="_blank"><strong>&laquo;&nbsp;Jeanne L’Étang&nbsp;&raquo;</strong> de Perrine Le Querrec <i>(roman)</i> </a></p>
<p>- <a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1685" target="_blank"><strong>&laquo;&nbsp;Le sang du goanna&nbsp;&raquo;</strong> de Dominique Legrand <i>(roman)</i></a> // Thriller planétaire.</p>
<p>- <a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1681" target="_blank"><strong>&laquo;&nbsp;Stigma&nbsp;&raquo;</strong> de Marie Dubosq <em>(roman)</em></a> // La saga&#8230;</p>
<p>- <a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1691" target="_blank"><strong>&laquo;&nbsp;¡ Ubre !&nbsp;&raquo;</strong> de Rodolphe Lasnes <em>(roman)</em></a> // Le réalisme magique des latino-américains</p>
<p>- <a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1398" target="_blank"><strong>Freak Wave #4</strong> <i>(revue d&#8217;art moderne)</i></a> // La revue noire tout en couleurs</p>
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		<title>Sandrine Villers &#8211; &#171;&#160;Chansons douces&#160;&#187; &#8211; le célibat dans tous ses états !</title>
		<link>http://www.bruitblanc.fr/?p=1648</link>
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		<pubDate>Fri, 09 Nov 2012 12:27:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruit Blanc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sandrine Villers]]></category>

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		<description><![CDATA[
photo Allen Skyy Enriquez @thezartorialist.com
&#171;&#160;Chansons douces&#160;&#187; &#8211; roman
Disponible &#8211; le célibat dans tous ses états !
Après avoir quitté l’homme auprès de qui elle s’ennuyait depuis plusieurs années, Delphine Rivière, séduisante chef d’entreprise de trente-neuf ans habitant Levallois-Perret, souhaite refaire sa vie. Comment, quand et avec qui ? Voilà tout le sujet du roman. Si quitter [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2011/11/1-180x300.jpg" alt="Chansons douces" title="Chansons douces" width="180" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-1527" /><br />
<i>photo Allen Skyy Enriquez @thezartorialist.com</i></p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Chansons douces&nbsp;&raquo; &#8211; roman</strong><br />
<em><strong>Disponible &#8211; le célibat dans tous ses états !</strong></em></p>
<p>Après avoir quitté l’homme auprès de qui elle s’ennuyait depuis plusieurs années, Delphine Rivière, séduisante chef d’entreprise de trente-neuf ans habitant Levallois-Perret, souhaite refaire sa vie. Comment, quand et avec qui ? Voilà tout le sujet du roman. Si quitter un homme qu’on n’aime plus est chose relativement aisée de nos jours, trouver celui que l’on va aimer, relève du parcours du combattant, alors que les moyens de rencontre ne se sont jamais autant multipliés. S’essayant au speed dating et autres blind dates, sites internet, dîners de célibataires, clubs pour solos, vacances pour adultes, et soirées entre filles, Delphine découvre tout un monde qu’elle ne connaissait pas avec ses codes, ses absurdités et ses imprévus, pour en devenir une experte chevronnée. Brossant avec humour, cruauté et tendresse, le tableau d’un phénomène de société en plein essor, l’auteur décortique les mécanismes de nos paradoxes, où constamment s’entrechoquent la quête de l’amour durable et l’attrait du zapping affectif, la dichotomie entre le réel et le virtuel, la solitude et la multitude. </p>
<p>Construit comme une compilation de chansons douces internationales, ce livre est aussi et surtout un hymne à l’universalité de l’amour et à sa modernité toujours renouvelée.</p>
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</div>
<p><a href="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2012/11/meetic1.jpg"><img src="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2012/11/meetic1.jpg" alt="meetic" title="meetic" width="70" height="70" border=0 class="alignleft size-full wp-image-1753" /></a> <strong>avec meetic&#8230; </strong><br />
<iframe width="350" height="197" src="http://www.youtube.com/embed/OULICuPX-cs?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<iframe width="350" height="197" src="http://www.youtube.com/embed/4OrlhW4huVU?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<iframe width="350" height="197" src="http://www.youtube.com/embed/IXlPIxyg96s?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=1687">(&#8230;) lire la suite</a></p>
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		<title>Jérôme-David Suzat-Plessy ::: &#171;&#160;Collège&#160;&#187; &#8211; poésie</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Oct 2012 13:29:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruit Blanc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jérôme-David Suzat-Plessy]]></category>

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		<description><![CDATA[::: Poésie :::
&#171;&#160;Collège&#160;&#187; &#8211; poésie
Disponible dans toutes vos librairies et sur Bruit Blanc
Jérôme-David Suzat-Plessy, auteur, est aussi connu pour ses activités de compositeur et d&#8217;artiste-interprète sous le nom de Cheval Blanc. Collège est son premier recueil.
&#171;&#160;à l’heure où se ferment les cercles
j’argumente face au soleil
tandis que se délient les doigts
et que les rails parallèles
marquent la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>::: Poésie :::</em></p>
<div id="attachment_1388" class="wp-caption alignleft" style="width: 190px"><img src="http://www.bruitblanc.fr/wp-content/uploads/2012/02/College_jerome_david-suzat_plessy-180x300.jpg" alt="Illustration de Corinne Jullien" title="College jerome-david suzat-plessy" width="180" height="300" class="size-medium wp-image-1388" /><p class="wp-caption-text">Illustration de Corinne Jullien</p></div>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Collège&nbsp;&raquo; &#8211; poésie</strong><br />
<em>Disponible dans toutes vos librairies et sur <a href="http://bruitblanc.bigcartel.com/product/jerome-david-suzat-plessy-college" target="_blank">Bruit Blanc</a></em></p>
<p>Jérôme-David Suzat-Plessy, auteur, est aussi connu pour ses activités de compositeur et d&#8217;artiste-interprète sous le nom de <a href="http://www.bruitblanc.fr/?page_id=88" target="_Blank">Cheval Blanc</a>. <em>Collège</em> est son premier recueil.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;à l’heure où se ferment les cercles</p>
<p>j’argumente face au soleil</p>
<p>tandis que se délient les doigts</p>
<p>et que les rails parallèles</p>
<p>marquent la fin du voyage</p>
<p>les intenses regards sont des regards d’aveugles</p>
<p>les enfers ne s’ajoutent pas</p>
<p>ton centre est dans la mer</p>
<p>le mien n’est que nuée&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>
<em>ISBN 978-2-919402-10-6<br />
Format 12&#215;20 &#8211; 164 pages &#8211; 12 € TTC</em></p>
<p>:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::<br />
<i>En exergue&#8230;</i></p>
<p><i>« …(le) bonheur d’une paix sans victoire… »</i><br />
Paul Verlaine</p>
<p><i>« Le monde possède déjà le rêve d’un temps dont il doit maintenant posséder la conscience pour le vivre réellement. »</i><br />
Guy Debord</p>
<p><i>« Je suis sortie du monde grâce à un autre monde ;<br />
une représentation s’est effacée<br />
grâce à une représentation plus haute.<br />
Désormais je vais vers le Repos<br />
où le temps se repose dans l’Éternité du temps.<br />
Je vais au Silence. »</i><br />
Évangile de Marie</p>
<p>:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::</p>
<div class='ecwid-Product'>
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<div class='ecwid-productBrowser-head' style='text-align: center; padding-bottom: 15px; font: normal 20px tahoma, geneva, verdana, sans-serif'>Collège &#8211; poésie</div>
<div class="ecwid-productBrowser-price" style='text-align: center; padding-bottom: 15px'>11.40€</div>
<div style='text-align: center'><script type="text/javascript" src="http://app.ecwid.com/script.js?1208027" charset="utf-8"></script><script type="text/javascript">xAddToBag('productid=15343016');</script></div>
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